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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 18:15

Françaises, Français,

L’heure est grave.
 
Séquestré dans les geôles miteuses du donjon de l’Elysée, c’est grâce au courage et à la dévotion de quelques fidèles que je vous adresse ce message. J’espère qu’il vous parviendra.


Malgré mon indéniable triomphe électoral, une clique d’accapareurs putschistes s’est emparée du pouvoir qui me revient de droit. Grâce à de multiples complicités parmi les élites séditieuses, forts du soutien des puissances de l’argent, les ennemis de la France ont placé sur mon trône le sinistre bâtard que j’avais, au soir de mon élection, condamné à l’exil. Rapatrié à la faveur de la nuit à bord d’un jet de contrebande affrété par un milliardaire de flibuste, l’usurpateur a été accueilli au Bourget par le cercle des conspirateurs tandis qu’on ramenait d’Afrique la lie du mercenariat porteur de riz. Dans le même temps, des milices d’agitateurs débraillés financés par la mafia syndicaliste semaient la pagaille partout dans le pays, mobilisant toute l’attention des forces de l’ordre. Le camp des royalistes, lui, mimait la déconfiture pour endormir ma vigilance. Profitant de cette diversion subtile, une escouade prenait d’assaut mon quartier général, où je monnayais paisiblement des bouts de pouvoir à tous les arrivistes prêts à vendre père et mère, en signe d’ouverture. Je fus brutalement enlevé à ma famille, enchaîné et conduit par les catacombes jusque dans les souterrains de la République. Ne pouvant se résoudre à liquider l’original dont ils sont la copie, ils épargnèrent ma vie, au prix d’une terrible lâcheté. Là, dans l’obscurité aveugle où naissent et grandissent les pires scélératesses, on me plaça sur le visage un masque de fer, de sorte que personne ne puisse jamais reconnaître mes traits.


AH ! Grossière erreur ! Car je sais, France chérie, que tu sauras entendre ma voix immortelle, et que tu la reconnaîtras entre mille comme celle de ton maître.
Mes chers compatriotes, ne vous laissez pas ensorceler par la corporation des plumitifs de propagande. Après avoir pillé mon programme, pioché dans mes idées, recopié mes calculs et imité mes astuces, ces imposteurs voudraient à présent me voler mon triomphe. Je ne les laisserai pas faire. Les véritables chiffres sont formels : 84 % des arrières pensées, des subconscients et des réflexes conditionnés ont voté pour moi, et pour moi seul. Vous ne pouvez les autoriser à changer le cours naturel de votre allégeance en vous laissant priver de votre chef légitime. C’est moi qui, le premier, vous ai promis de ne jamais vous infliger l’ennui d’un raisonnement logique. C’est encore moi qui ai compris le mieux que vous aviez besoin de grands mots, de grands sentiments, de grandes causes inscrites sur de grandes affiches placardées sur les vitrines pour dissimuler la misérable petitesse de vos motivations pendant que vous faites vos comptes dans les arrière-boutiques. Je ne me suis jamais écarté de votre idéologie à tous, qui est la modernité. Je ne vous ai jamais caché les infidélités de ma catin d’épouse, les troubles psychotiques de mes enfants tordus, les malversations de mes amis vermoulus, mes minables escroqueries, mes accointances condamnables, et je n’ai jamais cessé d’incarner pour vous la famille, la morale, l’autorité, la droiture – vous n’êtes pas exactement des imbéciles, mais je sais imiter ce mélange couillu de roublardise mafieuse et de sévérité vieux-jeu que vous admirez depuis toujours sous le nom de stature.

Mes chers compatriotes, je le sais, vous ne saurez souffrir qu’on vous enlève un homme qui a porté si haut vos instincts les plus bas. L’image de la France enfin décomplexée, c’est moi !


France chérie, pour être politique, je n’en suis pas moins homme. Du fond de ma cellule, le visage enfermé dans une gangue étouffante, je te confesse aussi ma détresse émouvante. J’entends, à la surface, la bâtarde vipère enroulée sur mon sceptre pleurer comme une fillette à la lecture d’une lettre écrite avec le sang d’un enfant innocent arraché à la vie par ces maudits allemands. Foutaises ! Je vous en prie, n’en croyez pas une goutte. Je vous sais décadents, mous de la glande, attendris par les larmes comme une pétasse heureuse par une photo de chaton, mais vous ne pouvez oublier ma souffrance, ma tendresse, la lourdeur pataude de mes regards mouillés. Au long de la campagne, je vous ai toujours donné de grandes émotions. Vous vouliez vous offrir à une transe imbécile, gigantesque, vibrante ; j’ai été grandiose de niaiserie, époustouflant de pathos, écrasant de sentimentalisme ! N’ai-je pas sangloté, face caméra, des chansons d’amour à tous les spécimens empaillés de l’héroïsme assassiné ? Guy Môquet, mon fils ! Jean Jaurès, ma bataille ! Anne Franck, mon amour !

Ça ne vous a pas suffi. Je crois que vous en voulez encore. Pour être tout à fait certain de mon empire sur vous, je voudrais donc terminer cet appel par un message personnel bouleversant, qui fera date, qui imprègnera vos mémoires et qu’on lira souvent aux enfants. La grammaire de l’émoi est une science exacte, le martyr une arme impeccable : je n’ai qu’à remplir les blancs dans une lettre type pour renverser vos âmes pour les siècles à venir.


« Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,
 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose.
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
 
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
 
Ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
 
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
 
Votre Fiatego qui vous aime.
 
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de moi ! »


Mes chers compatriotes, je ne puis plus être à vos côtés, mais ne craignez rien : je crois aux pouvoirs de l’esprit, je ne vous quitterai pas. Je suis le prince souterrain de ce royaume.




fiatego@gmail.com
Par Fiat Ego - Publié dans : invités
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 13:41
un communiqué de notre candidat Fiat Ego


Françaises, Français, mes chers compatriotes,

 
Ce soir est un grand soir pour notre pays, et une victoire pour la démocratie.
Au cours de cette campagne, mes adversaires, appuyés par la clique politico-médiatique vermoulue des élites conspiratrices, ont tout fait pour vous couvrir de ridicule : gonflés d'incohérences burlesques, tantôt sévères comme de vieux maréchaux, tantôt bouffis d'amour guimauve, ils ont profané de leurs langues fourchues les icônes les plus sacrées de la Nation Eternelle, débauché les symboles vibrants de notre mère la République comme s'il s'agissait d'une vulgaire pétasse à gang-bang. Mais, valeureux compatriotes, vous avez tenu bon ! Le visage fouetté par le vent furieux des bassesses, vous avez tenu bon ; les pieds plongés dans la vase des balivernes crasseuses, vous avez tenu bon ; les jambes sapées par le déferlement puissant des balourdises, VOUS AVEZ TENU BON : fiers, droits et imperturbables de citoyenneté, vous êtes plus nombreux que jamais à avoir voté ! Peuple de France, merci. Tu t'es, une fois encore, montré à la hauteur de ta glorieuse identité ; tu as bien la démocratie que tu mérites.


[Ca, c'est fait.]

Je vous le disais, ce soir est un grand soir. Pour la première triangulaire de l'histoire des élections présidentielles, vous avez massivement exprimé votre juste révolte contre le système en me portant au second tour. Je voudrais donc d'abord remercier les millions d'électeurs qui m'ont accordé leur confiance et qui ont bien voulu placer en moi leurs légitimes espérances. Je les remercie à titre personnel ; mais c'est au nom de la France que je les félicite d'avoir su reconnaître dans mon programme la seule véritable voix du changement, de la nouveauté et de la rupture dans la continuité. Mes adversaires ont voulu jouer le jeu de l'imposture crapuleuse, du mensonge et de l'escroquerie les plus vils. Persifleurs étourdis de rumeurs, ils ont redoublé de bassesses pour jeter sur moi et sur les miens le plus ignoble discrédit - tous sans exception, même Sarkozy, dont tout le monde sait pourtant qu'il bat sa femme, et une Ségolène Royal affreusement vergeturée dont les relations incestueuses avec son pauvre fils Thomas ne sont un secret pour personne.

Mais vous n'avez pas été dupes - oh que non ! Vous avez sû déceler dans leur comédie maladroite la fourberie d'une conspiration sinistre. Vous avez déjoué leurs pièges. Des semaines durant, sondage après sondage, manœuvre après manœuvre, couleuvre après couleuvre, vous avez fait mine de tout avaler, mais vous n'avez pas été dupes - oh que non ! Et les chiffres le prouvent bien : selon une enquête PROFI-SEFO à la sortie des urinoirs, 31 % d'entre vous estiment avoir vu clair dans leurs manigances, 26 % pensent avoir fait leur devoir en toute lucidité, et 18 % affirment avoir vu la Vierge. 11 % seulement n'ont pas vu que des candidats très respectables étaient tout proches de leurs idées, mais les borgnes n'ont pas le sens des distances. Les autres n'ont pas perçu le danger ou ont pris des risques inconsidérés, ils ne méritent pas notre attention.


Mes chers compatriotes, vous n'avez pas été dupes - oh que non ! Aujourd'hui, vous avez marché vers moi, en rangs bien serrés et claquant des talons avec impatience. Bras tendu et main ouverte, vous avez fait un pas vers le salut. Mais il nous reste un rude combat à mener. Trois projets clairs s'affronteront au second tour ; trois visions de la société vont se rencontrer dans un chahut assourdissant. Trois regards très différents sur le monde : mon regard à moi, fier, vif et perçant ; un beau regard de femme libre plein de l'amour un peu autoritaire du caporal d'infanterie pour son porte-drapeau ; et un méchant petit regard par en-dessous. J'appelle désormais de mes vœux la loyale confrontation des idées. Nous le devons aux français qui, on l'a vu partout durant ces longues semaines de campagne, savent se mobiliser lorsqu'on leur propose un débat pertinent et honnête ou, mieux encore, des analyses fantaisistes et grotesques sur les tendances populistes fascisantes des uns ou l'irrédentisme stalinien des autres. J'invite donc mes deux adversaires, que je respecte, à renoncer sur le champ à leurs inacceptables menteries - absurdes autant qu'ignobles - et à cesser d'être des imbéciles mythomanes, des salauds de vendus à la solde de l'ennemi et des engeances de collabos moustachus pour entrer enfin dans une compétition civilisée. Ayez le courage d'une bataille d'arguments enfin raisonnables, sous l'arbitrage avisé des électeurs !

Pour ma part, je vous le promets, compatriotes adorés, je n'en ferai rien. D'ailleurs, vous avez déjà tout oublié de ce que je viens de dire - en dehors bien sûr des horreurs imbéciles dont j'ai recouvert ces deux guignes, parce que chez vous la mémoire et la citoyenneté ne sont activées efficacement que par le devoir. Je vous promets solennellement de ne jamais cesser d'insinuer les vacheries dont vous raffolez tant ou de glisser de temps à autres une référence historique lugubre. Je n'aurai de cesse de dénoncer les dérives dangereuses de mes adversaires, leurs travers terrifiants, leurs déclarations insoutenables et/ou de mettre en cause leurs patrimoines génétiques suspects. Je vous répèterai encore et encore qu'ils ont déjà gouverné, que ça ne peut plus durer et que le vrai changement, c'est moi. Ma stratégie est claire et réfléchie, elle ne fait aucun doute. Elle est à la pointe des techniques de communication modernes, peaufinée en laboratoire par des théoriciens prestigieux, inspirée des plus grands mouvements d'agitation populaire des années 50 à 70, et testée sur le terrain par des experts aguerris. Elle me portera droit jusqu'aux portes de l'Elysée sous les hourras d'une foule nombreuse, je vous le promets.
Elle tient en trois points, que voici :

- Comme le mot démagogie semble avoir perdu de son pouvoir magique au profit d'insinuations à plus fort potentiel affectif, je lui préfèrerai désormais des condamnations morales graves et des procès d'intention lourds. Je traquerai sans relâche le moindre signe d'affront à une communauté opprimée dont la protection doit bien évidemment être assurée par tous les moyens possibles, et notamment par un contrôle attentif du vocabulaire. Si ces signes restent invisibles, je les inventerai. De toute façon, vous n'y verrez que du feu : dès lors qu'il s'agit de la défense du bien, vous seriez d'accord avec n'importe quoi, car vous savez que notre société est une perfection fragile.

- Puisque que rien n'est jamais aussi efficace que la stricte répétition entêtée et le renvoi d'accusations, je me contenterai lors des débats de dénoncer la mauvaise foi de mes adversaires, qui sont en vérité directement responsables des maux qu'ils ne manqueront pas de m'imputer - car les lâches ne reculeront devant rien, ils iront, n'en doutez pas, jusqu'à  me reprocher mes propres actes ! Dans la pratique, je me contenterai principalement de formules simples et pleines de sens qui déclenchent en chacun de vous des réactions d'approbation instinctives comme "de qui se moque-t-on ?" ou "je ne peux pas vous laisser mentir aux français". Si je suis mis en face de mon bilan à la tête de ceci ou cela, je répondrai qu'il s'agit d'une diversion grossière. Si l'on insiste, je reporterai immédiatement la responsabilité du désastre sur un membre de la famille de mon adversaire, au pouvoir avant moi. J'irai déterrer des coupables jusque dans le 19e Siècle s'il le faut. S'ils me trouvent à leur tour un prédécesseur calamiteux, retour aux fondamentaux : "Mais de qui se moque-t-on ? Je ne peux pas vous laisser mentir aux français."
 
- Puisque les arguments raisonnables n'intéressent manifestement personne quand ils peuvent être remplacés par des formules émouvantes et des grosses ficelles, je serai doux comme une mamie gâteau. Car malgré les éclats de rire furieux de quelques scélérats qui se délectent de négation, et au-delà de toute mesure de raisonnable, vous entendrez mon appel. Mes mots traverseront le brouhaha des moqueries perfides et des soupirs consternés pour venir se loger au fond du coeur social, dans les chaumières de la France aimante exaspérée par le cynisme, dans les cerveaux en roudoudou des bonnes gens exemplaires ; et là, ils résonneront en harmonie avec l'instinct des mères généreuses pour ressurgir du fond des gorges roses dans tous les refuges, toutes les soupes populaires et les trappes à misère ou s'aventurent encore la noblesse intouchable des petits héros du quotidien. Leurs voix seront la mienne, ils seront mon orchestre ; voici ma symphonie : « mon cher compatriote malmené par la vie, c'est à toi que je voudrais m'adresser. Mon petit frère malingre, amer et meurtri. Mon enfant. Je voudrais te regarder droit dans les yeux pour te dire : viens à moi, et je te protègerai. Je serai ton papa, ta maman, ta maison. Je serai la main douce et tendre qui caresse ton visage quand tu as peur. Je mettrai des cuillers en argent dans ta bouche affamée, un travail et des jeux dans ton désoeuvrement, de la sécurité dans tes rêves d'opulence. Je sais tes difficultés, et vais y remédier. Ne riez pas : ça marche. J'y mettrai le bon sourire, le ton juste,  décorerai le tout de slogans et de mots valises, et rira bien qui rira le dernier ». Je pense à REUNIS DANS L'AMOUR, TOUT DEVIENT VIRTUEL, ce n'est qu'une ébauche, électeurs adorés, rassurez-vous. Je voudrais quelque chose de plus maternel. Car vous savez, Madame Royal, vous n'avez pas le monopole de la féminité.


Ne riez pas : ça marche.




fiatego@gmail.com

Par Fiat Ego - Publié dans : invités
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /Avr /2007 14:49

A trop vouloir paraître gentil et inoffensif, Nicolas Sarkozy a perdu toute sa vigueur. Ses yeux fatigués témoignent de l'énergie et des efforts qu’il a déployés pour les Français durant la campagne. "Pour vous, j'ai tout donné". Cela mérite bien la victoire, non ? Et quelques jours de repos sous un beau ciel bleu au milieu d’une verte prairie. Il ne manquerait plus qu’une colonie de moutons sur sa cravate pour parfaire cette vision bucolique. Frédérique Nihous, du CPNT, a du souci à ce faire… Mais où est passé le diable Sarkozy ? Regardez bien les contours angoissants des arbres qui se détachent à l’horizon. Cette forêt ténébreuse et dépeuplée, surmontée d’un nuage blanc atomique. Une petite promenade avant de se mettre au travail ?


Le message délivré par Ségolène Royal est ambigu. Elle en appelle au changement à travers une photo d’identité suranée au fort pouvoir nostalgique. Difficile de donner un âge à cette femme aux allures de Marianne pour timbre Poste. Sans les rides qui ornent son regard, elle pourrait être une ancienne étudiante, une figure de la résistance, une jeune femme disparue, une terroriste en cavale... "Souviens-toi", semble-t-elle dire sur un ton envoûtant. "Souviens-toi des barricades, des jets de pierres… quand on a fait l’amour après avoir abattu ce gendarme, pour servir la cause". L’ex-militant quinquagénaire devenu bobo ne peut résister à cet appel du pied. Troublé, il sent son cœur battre dans sa poitrine, incapable de retenir son émotion devant l’insistance muette de Ségolène. Les souvenirs se bousculent dans sa tête. C'était la belle époque, le temps de toutes les espérances. Cette fois ce n'est plus un rêve. Le grand soir est arrivé, l'heure du changement a sonné.



François Bayrou a conduit une campagne musclée et il n’est pas au bout de ses forces. Attention, il est battu mais il peut encore taper. En position frontale, le regard qui percute, le point droit serré dans sa main gauche pour symboliser son programme politique – à droite pour combattre, à gauche pour protéger. François Bayrou est prêt à vous en décrocher une. Ca va cogner, on vous aura prévenu. Le candidat du centre veut nous préparer au combat pour faire sauter les clivages et en découdre avec le système. Tous les français seront conviés à une formidable baston confraternelle et salutaire pour remettre le pays d’aplomb. Ce sera l’équilibre par la confrontation. ll faut dire qu'à la ferme, des coups de sabots, il en a reçu. Et des paires de claques, il en a distribué... L’éducation, c’est son affaire.


Rien à faire, l’anxiété de la campagne a empêché notre candidate écologiste d’esquisser le moindre rictus. Il a fallu employer la manière forte. Une petite décharge électrique, transmise par une électrode située dans sa nuque, au moment du cliché. De quoi contracter les muscles du visage et faire passer une illusion d’optimisme sur son faciès. Placée au devant de la Terre malade, en mère protectrice, Dominique Voynet ne peut cacher son inquiétude et sa crispation, tandis que le ciel a tourné au vert. Ce qui n’est pas pour nous rassurer. Il est peut-être déjà trop tard et elle le sait. Et si cette femme médecin venait nous annoncer une mauvaise nouvelle, dans le couloir des urgences ? "On risque de la perdre", nous soufflerait-elle, affectée, en tenant la planète dans ses mains. Qu’on se rassure, si elle n’est pas élue, on pourra toujours se blottir contre sa poitrine et se réconforter au contact de son pull en cachemire et de sa chaleur maternelle. En attendant le chaos.


Le plus jeune prétendant à la présidence de République vous déshabille. D’un regard pénétrant, à la fois doux et impudique, il vous plonge dans une intimité gênante. Vous vous sentez alors touché(e) en plein cœur, comme une jeune fille intimidée devant ce grand garçon héroïque, révolutionnaire et justicier. On ne lui connaissait pas ce côté pervers. Comme quoi on peut être facteur, gagner moins de 1500 € par mois et avoir encore du désir. Que fixe-t-il vraiment ? Des salariés en colère regroupés aux portes d’une usine de métallurgie menacée de délocalisation ? Le leader d’extrême gauche semble indifférent à la multitude qui grouille derrière lui, et qui disparaît dans une vieille tapisserie ou une toile cirée de cuisine prolétaire. Où est passée sa révolte, son indignation permanente ? Dans sa veste en jean d’éternel adolescent, Olivier Besancenot s’abîme dans la contemplation. Serait-ce une jeune militante qui passe au loin sur son vélo ? A moins que ce ne soit la Porsche Cayenne rutilante du patron garée sur le parking. "Nom du Ché ! Je me la payerais bien !"


Le chantre du patriotisme apparaît grandeur nature dans un ciel bleu que rien ne vient troubler, pas même un vol d’oiseaux migrateurs… Gros plan métaphysique sur une tête servie sans accompagnement, avec deux petits yeux malicieux et un sourire goguenard entouré de rides envahissantes. L’intrusion macroscopique du candidat anti-immigration dans tous les foyers français ne passera pas inaperçue, contrairement à ses suffrages... "Regardez-moi, il n’y a rien d’autre à voir ! N’ayez pas honte d’être ce que vous êtes", semble-il nous dire. "Si vous n’êtes pas noirs, arables, musulmans, homosexuels ou toxicomanes… alors soyez entier, déployez votre identité à 100%. Je vous laisserai respirer l’air pur de France. Voyez ma tête, elle prend de la place n’est-ce pas ? Eh bien si je suis élu, des têtes… j’en couperai plein !"

C'est sans doute le plus flamboyant de nos candidats, malgré ses lunettes de guinguoi et sa puissante mâchoire déformée par trop de bile déversée. Montre en argent, pochette en soie, boutons de manchettes dorés... Avec l’âge, cet amoureux violent du drapeau tricolore devient de plus en plus coquet et séducteur. Dans sa posture d’athlète victorieux, il paraît en grande forme pour livrer son dernier combat. Le bras tendu pour montrer le chemin à la France au devant d'un chatoiement bleu blanc rouge. La scène relève pourtant du burlesque. On rigole bien au FN, la dérision a fini par prendre le pas sur la raison. En fait de nous montrer le chemin, Jean-Marie nous dit adieu, il tire sa révérence. C’était un canular, son dernier coup d'éclat, l’ultime hurlement d'une bête mourante. Juste pour la forme.  
 


www.medialambda.com

Par Roman Scobeltzine - Publié dans : invités
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 20:05

n'est pas encore sorti des urnes

Par Google Blum - Publié dans : invités
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 16:01
L’homme qui va s’adresser à vous ce soir entre en politique fin 1968. Profitant de la panique provoquée par l’effondrement des organisations rebelles anarcho-syndicalistes, il pénètre sans mal les instances de la représentation étudiante. Son flegme, sa discrétion et son élégance vestimentaire lui valent rapidement une forte popularité dans les UFR de droit, où il poursuit des études brillantes et des ambitions démesurées. Dès 1973, il devient secrétaire général du Mouvement des Étudiants Français d’Ascendance Française, et fait ses premières armes à la télévision lors d’un débat sur la fameuse réforme. Il se fait remarquer en mouchant l’un de ses adversaires coriaces d’une remarque péjorative bien sentie que l’on cite encore souvent dans les journaux. Son flegme, sa discrétion et son élégance vestimentaire lui valent par ailleurs d’élogieux commentaires de prestigieux ténors. En 1979, au terme de son deuxième doctorat, il quitte l’université auréolé de gloire académique grâce à ses travaux sur le Code du travail et fonde son propre parti sur les bases de l’organisation étudiante qu’il dirige avec talent depuis 7 ans – le MEFAF devient le FAF. Il remporte sa première bataille électorale dans son village natal de Barillet-les-Bayonettes, près de Verdun, dont il restera maire quelques années avant d’emménager dans un hôtel de ville plus cossu en région parisienne. Sa popularité, depuis, n’a cessé de croître en dépit de multiples scandales sexuels et de la fumeuse affaire du financement des HLM fictifs de Taiwan. Et pour cause, il comprend vite qu’un destin politique passe par une communication soignée et entame dès 1986 une vaste campagne de publicité qui, à ce jour, n’a jamais connu de répit. Il devient fougueux et cesse d’être discret, mais sait conserver l’élégance vestimentaire qui en fait l’une des personnalités les plus en vue de l’échiquier politique. Sa fidèle épouse, Mireille, n’est pas non plus totalement étrangère à ce succès. Candidat aux présidentielles en 1988, 95 et 2002, son score ne cesse de progresser, si bien qu’on sait désormais qu’il faut compter avec lui. Il incarne mieux que quiconque l’avenir du passé de la France ; je vous présente Fiat Ego.




Chers compatriotes,

Tout fout le camp. Sécurité rampante, alphabétisation galopante, embourgeoisement des classes ouvrières, hégémonie des classes moyennes, surabondance du logement et ruine des petits propriétaires, déficit démographique du troisième âge et réchauffement du climat social : la maison brûle, et nous regardons le 20 heures. Nous sommes au bord du gouffre, et puisque je ne suis pas imbécile, je vous propose de faire un grand pas en arrière. Pour vous convaincre de mon indubitable aptitude à gouverner le pays, j’ai mis en place une irrésistible machinerie électorale. Et je vous le dis, peuple de France, vous voterez pour moi, car je vous subjuguerai.

Tout d’abord, tout au long de ma campagne orchestrée par des agents de communication toujours équipés de petits dossiers verts ou bleus en arrière plan sur les photos, je vais bien insister sur le fait que ça ne peut plus durer. « Qu’est-ce qui ne peut plus durer ? » me direz-vous, tremblant déjà pour vos petits privilèges et vos acquis sociaux. Peu importe, le fait est que vous sentez bien qu’il faut changer, mais que vous avez peur. De là, vous avalerez n’importe quoi du moment que je vous promets de faire mon possible pour sauver les meubles ; et je vous promettrai bien plus. Ce que vous voulez, c’est le grand frisson de l’espoir du renouveau sans les petits frissons d’angoisse, et vous l’aurez. Á cet effet, mon slogan est d’une impeccable efficacité : la rupture dans la continuité – ambitieux et rassurant, impétueux et traditionnel. Mes adversaires jaloux, pleins de mauvaise foi, objecteront que c’est insensé, mais ils m’auraient traité de démagogue même si j’avais choisi une formule mathématique – de toute façon, vous ne savez pas exactement ce qu’est un démagogue, mais vous êtes convaincus qu’ils ne le sont pas moins que moi.

Pour vous prouver que je suis le seul à apporter des solutions réalistes aux problèmes graves de notre pays en danger, je vous donnerai des chiffres. Plein de chiffres. Ça fait sérieux, les chiffres, vous aimez ça. Je répèterai sans cesse comme une incantation que ceci baisse tandis que cela monte, et que ça prouve bien que les choses sont ce qu’elles sont, c'est-à-dire pas du tout telles qu’elles devraient être, et vous croirez tout, et vous hurlerez vive la rupture dans la continuité !
Ensuite, quand vous n’en pourrez plus, je vous donnerai plus de chiffres. Je vous vanterai les mérites du modèle des pays nordiques où le taux de chômage chez les jeunes est inférieur à 15% ; vous tremblerez pour vos enfants et vos emplois lorsque je vous parlerai de la Chine qui jouit d’une croissance de l’ordre de 21% et dispose d’un bon millier d’espions rien qu’en Australie (un australien sur 1000 est un espion chinois !) ; vous vous indignerez lorsque je vous apprendrai que, selon un sondage d’opinion réalisé sur un échantillon représentatif de la population islamiste, 80% des terroristes du monde arabe rêvent de visiter la France, mais pensent que les italiens sont meilleurs au lit. Je vous assommerai de taux de suicide (1 ado sur 1000), d’alcoolisme (1 poivreau sur 2), de dépression nerveuse (90% de votre entourage direct) et vous vous sentirez malades ; je compterai les voitures brûlées et vous me demanderez d’enfermer vos voisins ; je vous noierai sous les déficits et vous me supplierez de vous couper les vivres.
Si mes adversaires agitent des chiffres différents, je les traiterai de démagogues. De toute façon, vous dirai-je, ils n’ont pas de programme : être une femme n’en est pas un, être xénophobe non plus, l’écologie n’est pas une pensée politique, être antilibéral est carrément has-been, le centrisme n’existe que dans votre imagination et Nicolas Sarkozy est cocaïnomane – ça n’a aucun rapport avec son programme ? vous n’y pensez déjà plus. Vous avez la mémoire courte, une faible capacité d’attention, et j’en profiterai pour dire n’importe quoi, n’importe quand. Et si vous la ramenez, je vous donnerai plus de chiffres.

Afin de faire passer mon message, j’entretiendrai des relations cordiales avec une foule de journalistes complaisants et d’artistes sur le retour – fort du soutien sincère et enthousiaste de personnalités comme Plastic Bertrand, Benny B, Pascal Légitimus, Grand Corps Malade et Mimi Mathy, j’entrerai dans les coeurs de tous les français. Grâce à eux, je serai partout, tout le temps. Et s’ils m’oublient, je les forcerai à me regarder : je laisserai échapper des commentaires douteux sur une minorité visible, serai  surpris par les photographes avec l’une de mes nombreuses maîtresses, je claironnerai mon soutien aux familles des victimes violées en réunion dans des bus incendiés ; j’oserai même user de qualificatifs péjoratifs et courageux pour dénoncer les coupables. (D’ailleurs, le fait divers sera la base de mon analyse critique de la société française, que je vous résumerai toujours en ces termes : « Quand même, ça n’est pas normal, et ça ne peut plus durer ! ») J’organiserai des Sommets citoyens avec les mères battantes des quartiers sensibles en présence de Diam’s et de Gisèle Halimi ; des Rencontres du courage avec des personnes handicapées au terme desquelles je promettrai des rampes d’accès aux patinoires municipales et défendrai le droit des malentendants à transmettre la surdité à leurs enfants, parce que « la surdité n’est pas un handicap mais une identité culturelle » ; des Congrès interreligieux où je prêcherai le vivre ensemble laïque avant ET après la prière ; des Journées de la solidarité où je servirai un peu de joie et de chaleur à des SDF maquillés, peignés et rhabillés en loge dans le nouveau Resto du Cœur des Champs-Élysées – où l’on pourra venir apprécier de la soupe au poireau et des maquereaux à l’huile dans un décor convivial tout en admirant les effets personnels et les costumes de scène des Enfoirés ; des Salons du terroir décomplexé, des Actions contres les maladies graves, des Rassemblements contre le Mal et les méchants, des Semaines internationales du soutien aux familles des victimes du drame, des Marches solennelles pour le bon voisinage et la convivialité de palier.
Je vous serrerai la main autant de fois qu’il le faudra, je vous parlerai de moi, de mon enfance, de mes enfants, de mes chiens et de mon grand-père résistant, immigré, ouvrier, petit commerçant, agriculteur, poète et/ou handicapé, comme vous voudrez.

De toute façon, vous oublierez tout sauf mon message.

Je suis la rupture dans la continuité.
Je suis ambitieux mais rassurant, impétueux mais traditionnel.

Mon programme s’articule autour de sept points capitaux, et mes idées sont fortes. Il sera publié ici même à raison d’un point par jour. Étaler les échéances permet de titiller l’impatience des journalistes et assure une meilleure couverture médiatique. De toute façon, vous ne l’auriez pas lu si je vous l’avais donné en une fois. Ma plus grande force, c’est que je ne vous en demande pas trop.

Voici donc le sommaire de mon programme

Immigration
Démocratie
Education
Chômage
Diplomatie
Délocalisation


également consultable sur www.nologos.net/fiatego




IMMIGRATION

Françaises, Français, je vous ai compris.
Clandestines, clandestins, comprenez-moi.

Par ailleurs, le problème de l’immigration n’est en aucun cas dissociable de celui de l’émigration – les cerveaux fuient, les élites déguerpissent, les fortunes s’exilent, les chercheurs s’en vont chercher ailleurs, les aigris restent. Pour remédier à l’appauvrissement de nos ressources humaines et même éliminer les poids morts, je me prononce en faveur d’une émigration choisie. Je dois reconnaître à la fiscalité actuelle le mérite d’avoir bouté Jean-Philippe Smet et Florent Pagny hors de nos frontières, mais les scélérats sont encore trop nombreux qui s’entêtent à demeurer parmi nous. Si je suis élu, je vous le promets solennellement, je n’aurai de cesse d’imposer les revenus, les patrimoines et les produits culturels tout en encourageant le téléchargement, et ceci tant que Michel Sardou, Renaud, Thomas Fersen, Bénabar et compagnie n’auront pas décidé de partir aussi. Le manque à gagner provoqué par ces exils pourraient être utilement compensés par la suppression des subventions grotesques attribuées aux artistes et autres festivaliers.



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Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /Jan /2007 01:58

Chers compatriotes,

Chaque année, l’abstentionnisme gagne du terrain. Les jeunes ne s’intéressent plus à la politique, ils boudent les urnes et renoncent tout simplement à leur droit le plus fondamental. Pourtant, ils sont des millions à s’empresser d’élire la Nouvelle Star de la chanson. Pendant ce temps, le Front National, soutenu par une base électorale assidue, gagne du terrain.
A l’arrivée, le drame du 21 Avril 2002. Pour endiguer la montée de l’extrême droite et séduire de nouvelles générations d’électeurs, la République doit s’adapter. La situation exige une refonte du système électoral ; la 5e République a vécu, vive la République 5.1. Si je suis élu, je propose de moderniser au plus vite le mode de scrutin. Les représentants du peuple seront élus à la majorité relative par SMS surtaxés. Les recettes seront intégralement reversées à des œuvres de charité non gouvernementales pour encourager les initiatives individuelles, dont la France passéiste doit comprendre qu’elles sont la seule forme de protection sociale acceptable.



Pour les élections présidentielles, les candidats devront faire leurs preuves par les actes et non par le mensonge. Trois mois avant l’échéance finale, ils seront envoyés sur une île lointaine pour y montrer leurs compétences devant les caméras. Chacun se verra attribuer le commandement d’une tribu de sauvages archaïques et grincheux accrochés à des traditions obsolètes, et ils devront montrer leurs compétences en dirigeant chaque semaine leurs équipes lors d’épreuves pratiques : briser une grève, moderniser les institutions ancestrales, réglementer l’accès aux plantes médicinales, protéger la tribu des bêtes sauvages qui rôdent à la périphérie - il s’agira le plus souvent de reprendre les sujets de travaux pratiques de l’ENA.
On verra, alors, qui est capable de gouverner la France !
Chaque semaine, l’un d’entre eux sera éliminé, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un.
En cas de réclamation des candidats, et si le recompte des voix n’y suffisait pas, les différents seraient réglés au blind test, sous la surveillance de maître Moya.






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Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 13:30

Chers compatriotes,

Le constat est terrible, mais il nous faut bien l’accepter : l’école républicaine est un échec. A la fois usine à chômeurs geignards et lieu d’exclusion sociale, elle ne garantit plus l’égalité des chances. La faute en revient bien-sûr en partie à la paresse redoutable du corps enseignant, mais aussi à ces tartufes qui, depuis trop longtemps, bradent nos valeurs et notre baccalauréat. 


Puisque nous sommes tous d’accord pour considérer que le rôle premier de l’école n’est pas d’éveiller les consciences pour fabriquer des élites d’intellectuels gauchistes bramant leur universalisme précieux dans les campings-lupanars de l’alter mondialisme toxicomane, mais bien de former des citoyens responsables, respectueux et exploitables, je propose de remplacer nos programmes de pimbêches littéraires par une bonne dose de sport, de sain travail manuel et d’instruction civique.
Par ailleurs, parce que la France est éprise liberté, l’école ne sera plus obligatoire à partir de 12 ans - il paraît en effet impensable de continuer d’imposer de longues heures d’études futiles à un adulte en âge de fonder une famille.


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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 01:21

Chers compatriotes,

La belle jeunesse de France s’étiole. Regardons la télé en face, les perspectives d’embauche ne sont pas bonnes et les remèdes timides ou extravagants envisagés par mes adversaires déraisonnables n’y pourront rien changer – de gauche à droite : ruine fiscale des petites entreprises, gesticulations keynésiennes et mauvaise foi, suppression du droit du travail, et création d’un statut de salariée pour les mères au foyer.



Puisque sous ma présidence l’armée retrouvera une importance de tout premier plan dans la politique nationale, je propose de remédier à l’oisiveté coupable de nos jeunes ébouriffés en les incorporant de force. Je ne me contenterai pas de ré-instaurer le service militaire obligatoire pour tous, mais étendrai de surcroît la période de service à 3 ans, renouvelables une fois, comme les périodes d’essai aujourd’hui. Les enfants de la patrie marcheront-marcheront en rang serrés, dignes, droits et revigorés, vers un avenir radieux au service du bien commun. Les plus méritants se verront attribuer un lopin de terre aux marches de l’empire qu’ils seront libres de faire fructifier pour assurer leur subsistance et, pourquoi pas, leurs vieux jours.
Si je suis élu, nous serons sales mais beaux dans l’effort, de nouveau.


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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /Jan /2007 00:12

Chers compatriotes,


La France doit retrouver la place qu’elle a perdue sur l’échiquier international. Je refuse de voir mon fier et beau pays continuer de sombrer dans une insignifiance quasi-africaine sous le regard goguenard de la canaille américano-britannique. Afin de retrouver le lustre qui fût le nôtre, pour que l’étendard tricolore fasse encore trembler de crainte les puissances étrangères et les États voyous,  j’affirme ma détermination à reprendre la politique d’expansion territoriale qui a longtemps fait notre gloire.


Il s’agira en tout premier lieu de récupérer au plus vite l’Algérie et les perles de notre défunt empire colonial, démembré dans la panique par les beatniks pacifistes et la franc-maçonnerie. De là, nous pourrons envisager de nous étendre vers l’est en envoyant les nouvelles forces recrutées parmi les indigènes en première ligne – et je vous le dis comme je le pense, ce  n’est pas la sensiblerie efféminée des artistes d’import qui m’en empêchera. L’un des objectifs de l’opération est d’exporter la démocratie et les grands crus de bordeaux. La Belgique monarchiste du roi Albert semble le point de départ naturel de la campagne. De là, l’Allemagne décadente de l’après-guerre devra se rendre ou mourir, puis la Pologne, toute l’Europe de l’est et enfin la Russie, dont l’invasion devra attendre le printemps pour d’évidentes raisons tactiques.


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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /Jan /2007 14:53

Chers compatriotes,


La mobilité des services et des personnes est la clef du succès dans un contexte économique mondialisé. Pour que la France retrouve la place qu’elle mérite dans le classement mondial des puissances industrielles, je propose une réforme ambitieuse adaptée aux principes de l’économie moderne et inspirée de l’édifiante réussite de ses plus beaux fleurons. En effet, Nike, Gap et Coca-Cola ont depuis longtemps abandonné la tradition désuète de la production industrielle pour se concentrer sur la construction de leur image de marque – ils ne fabriquent plus leurs produits, cette activité dégradante ayant été confiée à des ouvriers basanés du tiers monde ; ils vendent une image et un mode de vie.

Je vous le dis, l’avenir est dans le branding et dans la sous-traitance ! Je m’engage donc à délocaliser au plus vite l’ensemble de la population française. Nous ne conserverons qu’un noyau dur de citoyens qui seront la vitrine de notre belle nation – Audrey Tautou, Bob Sinclar, Grand Corps Malade, Bernard-Henry Lévy, Lolita Peel et quelques autres dont au moins deux femmes, un noir, un asiatique et trois magrébins. Le manque à gagner démographique sera comblé par l’embauche de citoyens polonais à bas prix disposés stratégiquement aux terrasses des cafés et dans nos nouvelles campagnes paysagées pour satisfaire la soif de pittoresque des touristes.




La délocalisation se poursuit sur www.nologo.net/fiatego
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