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Vendredi 11 novembre 2005 5 11 /11 /Nov /2005 00:00

 
L'armistice n'est pas pour demain
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Mardi 8 novembre 2005 2 08 /11 /Nov /2005 00:00


+ Michel Sardou
Dans les villes de grande solitude

J. Revaux - M. Sardou - P. Delanoë


Dans les villes de grande solitude
Moi, le passant bien protégé
Par deux mille ans de servitude
Et quelques clous sur la chaussée

Dans les villes de grande solitude
De nouvel an en nouveau né
Quand j'ai bu plus que d'habitude
Me vient la faim d'un carnassier

L'envie d'éclater une banque
De me crucifier le caissier
D'emporter tout l'or qui me manque
Et de disparaître en fumée

Mais dans les villes de grande solitude
Tous les héros se sont pollués
Aux cheminées du crépuscule
Et leurs torrents se sont calmés

Alors je fonce comme une bête
Sur le premier sens interdit
Aucun feu rouge ne m'arrête
Je me sens bien dans ma folie

J'ai envie de violer des femmes
De les forcer à m'admirer
Envie de boire toutes leurs larmes
Et de disparaître en fumée

Mais dans les villes de grande solitude
Quand l'alcool s'est évaporé
Je replonge dans la multitude
Qui défile au pas cadencé

J'ai peur d'avoir brisé des vitres
D'avoir réveillé les voisins
Mais je suis rassuré très vite
C'est vrai que je ne casse rien

C'est vrai que je ne casse rien
Dans les villes de grande solitude


À la page des textes de Michel Sardou
À la page des textes
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Vendredi 9 septembre 2005 5 09 /09 /Sep /2005 00:00

 

 

 

 

 

L'homme des cavernes, le singe héréditaire, la brute est revenue. Ainsi elle est. Je puis vous assurer que je vous parle des réalités. Elle continue maintenant partout.


H.G. Wells
Trad. Google 2005

 

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Everywhere. Your vicar and priest know that by instinct though they don't know how to express it -- or anyhow they don't express it as you and I do.  Sometimes it's nearer the surface in the marsh -- but its everywhere. 

The croquet player, 1937.
Texte intégral sur le site du
Projet Gutemberg
eBook No.:  0500411.txt - Character set encoding : Latin-1(ISO-8859-1)--8 bit



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Lundi 15 août 2005 1 15 /08 /Août /2005 00:00



Marthe : Histoire d'une fille, Joris Karl Huysmans, 1876.
Chapitre I.

 


«  -- Tiens, vois-tu, petite, disait Ginginet, étendu sur le velours pisseux de la banquette, tu ne chantes pas mal, tu es gracieuse, tu as une certaine entente de la scène, mais ce n'est pas encore cela.
Écoute-moi bien, c'est un vieux cabotin, une roulure de la province et de l'étranger qui te parle, un vieux loup de planche, aussi fort sur les tréteaux qu'un marin sur la mer, eh bien ! Tu n'es pas encore assez canaille ! Ça viendra, bibiche, mais tu ne donnes pas encore assez moelleusement le coup des hanches qui doit pimenter le boum de la grosse caisse. Tiens, vois, j'ai les jambes en branches de pincettes faussées, les bras en ceps de vigne, j'ouvre la gueule comme la grenouille d'un tonneau, je fais le mille pour les palets de plomb, vlan ! La cymbale claque, je remue le tout, je rape le dernier mot du couplet, je me gargarise d'une roulade ratée, j'empoigne le public. C'est ce qu'il faut.
Allons, dégosille ton couplet, je t'apprendrai, à mesure que tu le goualeras, les nuances à observer. Une, deux, trois, attention, papa entr'ouvre son tube auriculaire, papa t'écoute…


-- Dites-donc, Mademoiselle Marthe, voilà une lettre que l'ouvreuse m'a dit de vous remettre, grasseya une grosse fille roupieuse.


-- Ah ! Elle est bien bonne, s'écria l'enfant ; regarde donc, Ginginet, ce que je viens de recevoir, c'est pas poli, sais-tu ?


Le comédien déploya le papier et les coins de ses lèvres remontèrent jusqu'aux ailes de son nez, découvrant des gencives frottées de rouge, faisant craquer le masque de fard et de plâtre qui lui vernissait la face.


-- C'est des vers, clama-t-il, visiblement alarmé, autrement dit, celui qui te les envoie est un homme sans le sou. Un monsieur bien n'envoie pas de vers !


Les camarades s'étaient rassemblés pendant ce colloque. Il faisait ce soir-là un froid polaire, les coulisses avec leurs courants d'air étaient glaciales ; tous les histrions se pressaient devant un feu de coke qui flambait dans la cheminée.


-- Qu'est-ce que c'est que ça, dit une actrice, insolemment décolletée du haut en bas ?
-- Oyez, dit Ginginet, et il lut, au milieu de l'attention générale, le sonnet suivant :


À une chanteuse

Un fifre qui piaule et siffle d'un ton sec,
Un basson qui nasille, un vieux qui s'époumonne
À cracher ses chicots dans le cou d'un trombone,
Un violon qui tinte ainsi qu'un vieux rebec,
Un flageolet poussif dont on suce le bec,
Un piston grincheux, la grosse caisse qui tonne,
Tel est, avec un chef pansu comme une tonne,
Scrofuleux, laid enfin à tenir en échec
La femme la plus apte aux amoureuses lices,
L'orchestre du théâtre. - Et c'est là cependant
Que toi, mon seul amour, toi, mes seules délices,
Tu brames tous les soirs d'infâmes ritournelles
Et que, la bouche en cœur, l'œil clos, le bras pendant,
Tu souris aux voyous !


Et ce n'est pas signé.


-- Dis donc, Ginginet, cela s'appelle casser du sucre sur la tête du chef d'orchestre ; il faudra lui montrer ces versses, ça le fera rogner, ce racleur !


-- Allons, mesdames, en scène, cria un monsieur vêtu d'un chapeau noir et d'un mac-farlane bleu ; en place, l'orchestre commence ! Les femmes se levèrent, jetèrent un manteau sur leurs épaules nues, se secouèrent toutes frissonnantes et suivies par les hommes qui interrompaient leur pipe ou leur partie de bézigue, s'en furent à la queue leu leu par la petite porte qui donnait accès dans les coulisses. »

 


La suite >

 

 
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Lundi 15 août 2005 1 15 /08 /Août /2005 00:00


Thérèse philosophe, Anonyme, 1748.
(attr. Marquis Boyer d'Argens)

« Quelle fut ma surprise, lorsque je vis le Père Dirrag déboutonnant sa culotte, donner l'essor à un trait enflammé qui était semblable à ce serpent fatal qui m'avait attiré les reproches de mon ancien directeur !
Ce monstre avait acquis la longueur, la grosseur et la fermeté prédite par le Capucin ; il me faisait frissonner. Sa tête rubiconde paraissait menacer les fesses d'Eradice ; le visage du Père était tout en feu.
"Vous devez être présentement, dit-il, dans l'état le plus parfait de contemplation ; votre âme doit être détachée des sens. Si ma fille ne trompe pas mes saintes espérances, elle ne voit plus, n'entend plus, ne sent plus."


Dans ce moment, ce bourreau fit tomber une grêle de coups sur toutes les parties du corps d'Eradice qui étaient à découvert. Cependant elle ne disait mot ; elle semblait immobile, insensible à ces terribles coups ; et je ne distinguais simplement dans elle qu'un mouvement convulsif de ses deux fesses, qui se serraient et se desserraient à chaque instant.


"Je suis content de vous, lui dit-il après un quart d'heure de cette cruelle discipline ; il est temps que vous commenciez à jouir du fruit de vos saints travaux; ne m'écoutez pas, chère fille, mais laissez-vous conduire: prosternez votre face contre terre : je vais, avec le vénérable cordon de Saint François, chasser tout ce qui reste d'impur au-dedans de vous."


Le bon père la plaça en effet dans une attitude humiliante, à la vérité, mais aussi la plus commode à ses desseins. Jamais on ne m'a présenté plus beau : ses fesses étaient entr'ouvertes, et on découvrait en entier la double route des plaisirs.


Après un instant de contemplation de la part du Cafard, il humecta de salive ce qu'il appelait le cordon, et en proférant quelques paroles d'un ton qui sentait l'exorcisme d'un prêtre qui travaille à chasser le diable du corps d'une démoniaque, sa Révérence commença par son intromission.
J'étais placée de manière à ne pas perdre la moindre circonstance de cette scène ; les fenêtres de la chambre où elle se passait faisaient face à la porte du cabinet dans lequel j'étais enfermée. Eradice venait d'être placée à genoux sur le plancher, les bras croisées sur le marche-pied de son prie-Dieu, et la tête appuyée sur ses bras; sa chemise soigneusement relevée jusqu'à la ceinture me laissait voir, à demi-profil, des fesses et une chute de reins admirables.
Cette luxurieuse perspective fixait l'attention du très Révérend Père qui s'était mis lui-même à genoux, les jambes de sa pénitente placées entre les siennes, ses culottes basses, son terrible cordon à la main, marmottant quelques mots mal articulés. Il resta pendant quelques instants dans cette édifiante attitude, parcourant l'autel avec des regards enflammés, et paraissant indécis sur la nature du sacrifice qu'il allait offrir.


Deux embouchures se présentaient, il les dévorait des yeux, embarrassé sur le choix : l'une était un friand morceau pour un homme de sa robe, mais il avait promis du plaisir, de l'extase, à sa pénitente ; comment faire ? Il osa diriger plusieurs fois la tête de son instrument sur la porte favorite à laquelle il heurtait légèrement; mais enfin la prudence l'emporta sur le goût.
Je lui dois cette justice, je vis distinctement le rubicond Priape de sa Révérence enfiler la route canonique, après en avoir entr'ouvert délicatement les lèvres vermeilles avec le pouce et l'index de chaque main.
Ce travail fut d'abord entamé par trois vigoureuses secousses qui en firent entrer près de la moitié ; alors tout à coup la tranquillité apparente du Père se changea en une espèce de fureur.
Quelle physionomie, mon Dieu ! Figurez-vous un satyre, les lèvres chargées d'écume, la bouche béante, soufflant comme un taureau qui mugit : ses narines étaient enflées et agitées ; il soutenait ses mains élevées à quatre doigts de la croupe d'Eradice, sur laquelle on voyait qu'il n'osait pas y prendre un point d'appui ; ses doigts écartés étaient en convulsion et se formaient en pattes de chapon rôti.
Sa tête était baissée et ses yeux étincelants restaient fixés sur le travail de la cheville ouvrière, dont il compassait les allées et venues de manière que, dans le mouvement de rétroaction, elle ne sortît pas de son fourreau, et que dans celui d'impulsion, son ventre n'appuyât pas aux fesses de la pénitente, laquelle, par réflexion, aurait pu deviner où tenait le prétendu cordon.


Quelle présence d'esprit ! Je vis qu'environ la longueur d'un travers de pouce du saint instrument fut constamment réservée au dehors, et n'eut point de part à la fille. Je vis qu'à chaque mouvement que le croupion du Père faisait en arrière, par lequel le cordon se retirait de son gîte jusqu'à la tête les lèvres de la partie d'Eradice s'entrouvraient et paraissaient d'un incarnat si vif, qu'elles charmaient la vue.
Je vis que lorsque le Père par un mouvement opposé, poussait en avant, ces mêmes lèvres, dont on ne voyait plus alors que le petit poil noir qui les couvrait, serraient si exactement la flèche qui y semblait comme engloutie, qu'il eût été difficile de deviner auquel des deux acteurs appartenait cette cheville par laquelle ils paraissaient l'un et l'autre également attachés.
Quelle mécanique ! Quel spectacle, pour une fille de mon âge, qui n'avait aucune connaissance de ce genre de mystères!
Que d'idées différentes me passèrent dans l'esprit, sans pouvoir me fixer à aucune ! Il me souvient seulement que vingt fois je fus sur le point de m'aller jeter aux genoux de ce célèbre Directeur, pour le conjurer de me traiter comme mon amie. Etait-ce mouvement de dévotion ?
Etait-ce mouvement de concupiscence ? C'est ce qu'il m'est impossible de pouvoir bien démêler.

 

 

 

 

Revenons à nos acolytes. Les mouvements du Père s'accélérèrent ; il avait peine à garder l'équilibre. Sa posture était telle qu'il formait à peu près, de la tête aux genoux, un S dont le ventre allait et venait horizontalement aux fesses d'Eradice.
La partie de celle-ci qui servait de canal à la cheville ouvrière dirigeait tout le travail, et deux énormes verrues, qui pendaient entre les cuisses de sa Révérence semblaient en être comme les témoins.

"Votre esprit est-il content, ma petite sainte ? dit-il en poussant une sorte de soupir.
Pour moi, je vois les cieux ouverts; la grâce suffisante me transporte; je..."
"Ah! mon Père, s'écria Eradice, quel plaisir m'aiguillonne!
Oui, je jouis du bonheur céleste ; je sens que mon esprit est entièrement détaché de la matière : chassez, mon père, chassez tout ce qu'il y a d'impur dans moi.
Je vois... les... an... Anges ; poussez, plus avant... poussez donc...
Ah !... Ah !... bon... Saint-François ! ne m'abandonnez pas; je sens le cor... le cor... le cordon... je n'en puis plus... je me meurs".

Le Père qui sentait également les approches du souverain plaisir, bégayait, poussait, soufflait, haletant.
Enfin les dernières paroles d'Eradice furent le signal de sa retraite, et je vis le fier serpent, devenu humble, rampant, sortir couvert d'écume de son étui.
Tout fut promptement remis dans sa place, et le Père, en laissant tomber sa robe, gagna à pas chancelants le prie-Dieu qu'Eradice avait quitté. Là, feignant de se mettre en oraison, il ordonna à sa pénitente de se lever, de se couvrir, puis de venir se joindre à lui, pour remercier le Seigneur des faveurs qu'elle venait d'en recevoir.

Que vous dirais-je, enfin, mon cher Comte ? Dirrag sortit ; et Eradice, qui m'ouvrit la porte du cabinet, me sauta au cou en m'abordant:

"Ah ! ma chère Thérèse, me dit-elle, prends part à ma félicité : oui, j'ai vu le paradis ouvert ; j'ai participé au bonheur des Anges.
Que de plaisirs, mon amie, pour un moment de peine !
Par la vertu du Saint Cordon, mon âme était presque détachée de la matière.
Tu as pu voir par où notre bon Directeur l'a introduit dans moi.
Eh bien, je t'assure que je l'ai senti pénétrer jusqu'à mon cœur ; un degré de ferveur de plus, n'en doute point, je passais à jamais dans le séjour des bienheureux."

Eradice me tint mille autres discours, avec un ton, une vivacité, qui ne purent me laisser douter de la réalité du bonheur suprême dont elle avait joui. J'étais si émue, qu'à peine lui répondis-je pour la féliciter; mon coeur étant dans la plus vive agitation, je l'embrassai, et je sortis.  »


 

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Lundi 15 août 2005 1 15 /08 /Août /2005 00:00


Sainte Thérèse d'Avila 
Avila, Espagne, 28 mars 1515, 5 h 30, selon le R.P. Silverio de Santa Teresa, critique officiel.
 
 

« En cet état, il a plu au Seigneur de m'accorder plusieurs fois la vision que voici. J'apercevais un ange auprès de moi, du côté gauche sous une forme corporelle [...] il n'était pas grand, mais petit et fort beau ; son visage enflammé semblait indiquer qu'il appartenait à la plus haute hiérarchie, celle des esprits tout embrasés d'amour [...] Je voyais entre les mains de l'ange un long dard qui était d'or, et dont la pointe de fer portait à son extrémité un peu de feu. Parfois, il me semblait qu'il me passait ce dard au travers du cœur, et l'enfonçait jusqu'aux entrailles. Quand il le retirait, on eût dit que le fer les emportait après lui, et je restais tout embrasée du plus ardent amour de Dieu. Si intense était la douleur qu'elle me faisait pousser ces faibles plaintes dont j'ai parlé. Mais en même temps, la suavité causée par cette indicible douleur est si excessive qu'on aurait garde d'en appeler la fin, et l'âme ne peut se contenter de rien qui soit moins que Dieu lui-même. Cette souffrance n'est pas corporelle, mais spirituelle ; et pourtant le corps n'est pas sans y participer quelque peu et même beaucoup. Ce sont alors entre l'âme et Dieu des épanchements de tendresse, d'une douceur ineffable. Je supplie le Seigneur de bien vouloir les faire goûter, dans sa bonté, à quiconque croirait que j'invente ».


« Souvent lorsqu'on y pense le moins et qu'on n'a pas l'esprit occupé de Dieu, Sa Majesté réveille l'âme tout à coup : on dirait une étoile filante ou un coup de tonnerre. On n'entend cependant aucun bruit, mais l'âme sent que Dieu l'a appelée [...] Elle sent qu'elle vient de recevoir une délicieuse blessure d'amour. Comment, de qui l'a-t-elle reçue ? elle ne s'en rend pas compte ; mais elle en comprend si bien le prix qu'elle voudrait n'en jamais guérir. Elle se plaint à son Epoux par des paroles d'amour et cela même extérieurement. Elle ne peut s'en empêcher, parce qu'il lui fait sentir sa présence, sans pourtant se manifester de manière à l'en laisser jouir. La peine qu'elle en éprouve est très vive, mais suave et pleine de douceur [...] l'âme se consume de désirs et ne sait pourtant que demander, parce qu'elle sent clairement que son Dieu est avec elle. Vous me direz : mais si elle a cette connaissance, que désire-t-elle ? de quoi s'afflige-t-elle ? et que veut-elle de plus ? Je l'ignore. Tout ce que je sais, c'est que cette peine la pénètre jusqu'aux entrailles, et qu'on les lui arrache, ce semble, quand le divin Archer retire la flèche dont il l'a percée, tant est vif le sentiment de l'amour qu'elle lui porte ».


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Mardi 12 juillet 2005 2 12 /07 /Juil /2005 00:00

 

On nous dit que le temps est idéal pour des retrouvailles moussues à même le sol de la petite ville. On voudrait bien y croire passé le stand saucisses et la pelouse trop verte à traverser. Foutus djumbés de couilles.

Quand même on atteint la stage. C’est dingue à voir ce que les gens sont mieux habillés ici. Casquettes de luxe et lunettes en stock Mochy Mochy. Accessoirement un blondinet minuscule sur scène. 17 ans à peine, et déjà cinquante ans de retard.

Et on voudrait nous faire croire qu’il est albinos.


DJ Elephant essaie de scratcher en douce sa roller roller booty debout mais L’amour à trois remet ça et là c’est le divorce.

 

 

 

-- Allo wai t’es où ?
-- Chais pas.

Qu’est-ce qu’on rigole.


Non loin de là, Mark E. Smith chante toujours vivant dans sa vieille carcasse délabrée.

Il a les yeux pochés et la bouche en crabe des pépés du goulot. Avec sa gorge, il a usé plus de tumeurs que de cordes de guitares. Le pied dans la tombe pour hurler, il se sert de deux micros. Ses femmes ont toujours le même âge.

 

 

 

 

Boucherie

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Mardi 12 juillet 2005 2 12 /07 /Juil /2005 00:00

normal, nous ferons donc tout ce qu'on veut - la plupart du temps : observer, copier et coller sans gomme… nous voulons du petit spectacle grandiose, le bruit mort de rire - et l'amour : une connexion illimitée au web, notre voisin - à charge de bord, la scie joyeuse des tendances bodybuildes trainera le carnage au minimax du travail d'etymology : réseau horseflesh, dorade vernaculaire, cambriolages fouillés en domaine name ; et vous, descendant des pages nulles de pensée modulo à grands coups de scrolls winy marre –  - lisant ça, ultérieur, inoffensif et bon marché

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Vendredi 27 mai 2005 5 27 /05 /Mai /2005 00:00

Ah wai l'ennemi est trop nombreux ? fut-il seul. Ses masses abîment nos tempes. Son sourire est permanent et c'est la gueule qu'il fait. Souvent. Nous nous appuyons sur des données collectées au hasard et en préméditation pour mieux le circonvenir, le mettre en boîte, l'abonner au body-bag, l'abandonner à son triste et narquois sort de pyramide d'ossements mais c'est insuffisant, terne et lâche et alors un souffle nouveau, un grand dégonflement languide et bordé d'écume aux lèvres gonflées d'espoir, air-visage-yeux, égaré-défait-hagards, escouade de couards en quads, peloton de pleutre à polochon, poltron en cascade, pusillanime par puits entiers, pessimistes à gogo affolés et la fanfare des timorés battant le rappel des craintifs sursautant sur les mines, tressaillant comme un hongre, traquant de l'horreur et perdu en recherches phobiques, affres débouchant sur des gouffres sans stop, prêt à l'achat d'alarme  pour les méduser.
Mais ce n'est guère le moment de discuter de cela, le pays se réforme, l'initiative se réveille, les gens se secouent et la croissance est là pour nous faire tenir le coup. On nous a même rapporté que des enfants ne se contentaient plus des salades bolcheviks et mettaient en commun leurs petites économies pour placer à la bourse leur futur destin. On nous parle de retraités, vaillants, fiers de leur âge louant des duplex à des ingénieurs plein de promesses - et que dire alors de tous ces malades, qui conscient des efforts à fournir, se donnent la mort en catimini.
Messieurs, mesdames : l'Ordre est en marche, dans l'empreinte des semelles des bottes vous n'êtes que le gravier.

Par La voix de l'amnésique - Publié dans : la voix de l'amnésique
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Vendredi 27 mai 2005 5 27 /05 /Mai /2005 00:00

J’attends la grande inondation, le krach boursier, le choc pétrolier et l’attentat chimique. Oui le zouave glougloutant, la maison de la radio rouillant, imprégnant de limons, les bondes. Des ossements d’Algériens refluant de 62. La grande prise des bétonnières. Le jardin d’Javel en simple fond aquatique et ses altières serres jalonnant le nouvel Atlantide. Je vois chaque bacille abîmant les peaux flasques à métro et même une belle fille gratter ses guêtres en s’arrachant des nerfs. Des 305 d’entreprise flottent on se demande pourquoi ? L’hôpital Georges Pompidou est une belle piscine où flotte ça et là de la gaze, des sparadraps et oups, une infirmière d’état. TF1 loupiote, France 2 et 3 pataugent. Luc Besson film tout et Mazarine Pingeot se touche la chatte avec des acras pour se mettre à niveau.

C’est ça que vous désirez. Une bonne vieille Apocalypse de derrière les fagots pour faire les malins-malins à la grande fête à la crémation. Ca vous suffit pas d’vous faire chier comme des merkats émasculés, il vous faut encore darder à l’emporte pièce pour du dit, du fabriqué à la main, de la mini éjac à remplir des dés qui aboliraient du hazard, amnistierait les lâchetés à l’échelle des synapses.

Halte là, fort de Veaux, fort de Vanves, fort des Halles, forcené, fifrelin, frauduleux, faut du levain et usage de faux, mon ami la mort et son quad tragique, son passeport finnois et sa bonne mine avachie de mou du genoux face à la trogne hirsute et le vit sanglant des espérants, des sûr du bon droit dans les bottes et escarpins classieux, des réflechichiants, des chichonés de l’intérieur, des pôvres à plasma, des filles noircies, des ribambelles mioches, des agents aux cartes plastifiées pour éviter les anicroches.

La Voix de l’Amnésique est de retour est c’est pour de bon. Y a embellie. Au programme rien de nouveau, du réchauffé tiède et sa mortadelle de choucrouterie ressassante. Des monceaux de pitits mouvements genre artisan avec couteau Ikea entre les gencives. Du grossier style mortier. Des finesses de paysans lettons, un coup de lorgnette en arrière avec des œillères pour éviter d’éviter les murets et s’étaler longuement en questions mièvres et vitales. Il n’y a pas à tortiller c’est la grande forme et j’entends même parler à certains coins de rue de revival sautillant et de mise en perspective cavalière à lance polonaise. Et bien messieurs les nazis bien sanglés dans vos certitudes d’acier bordées de tagliatelles au pistou dans vos établissements aux sièges en velours de chienne, allez vous faire enculer par vos races de pédés du cul de fasciste de merde avec vos mères les putes qui racolent excisées la bave aux lèvres. Non mais c’est vrai des fois. On se fait chier à faire des efforts et il faudrait encore s’excuser de rien faire et pas comme les autres et le coût de la carte orange et il faut bien remplir jusqu’en haut du pot. Non.
Par La voix de l'amnésique - Publié dans : la voix de l'amnésique
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